Il n'existe pas encore d'étude clinique sur le pouvoir guérisseur du tatouage mamelon après un cancer du sein. Mais ce que les femmes ressentent, les soignants l'observent, un sociologue le raconte, et les associations le prouvent sur le terrain depuis des années.
C'est à la base une histoire d'intuition et cette conviction à ouvert une porte vers quelque chose que je n'avais pas anticipé, le tatouage à un pouvoir guérisseur et le tatouage du mamelon n'y déroge pas et pourtant j'ai trouvé encore plus puissant.
Tatouage mamelon cancer, ce que l'on sait vraiment
David Le Breton, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg, le formule avec une précision que je trouve belle. Le tatouage après un cancer, c'est selon lui « une manière de se réapproprier son corps qui a échappé à tout pouvoir pendant la maladie. Une métamorphose heureuse, une façon de faire peau neuve. »
Ce mot, réappropriation, revient partout. Dans les témoignages des femmes. Dans les discours des oncologues. Dans les raisons pour lesquelles des associations comme Sœurs d'Encre existent, offrant chaque année des tatouages artistiques de reconstruction à des femmes opérées, avec un protocole impliquant oncologues, chirurgiens et psychologues.
Ce que cela dit, au fond, c'est simple. Pendant des mois, le corps d'une femme n'a plus été à elle. Des mains l'ont opéré, des machines l'ont irradié, des protocoles l'ont traversé. Même quand elle a été courageuse, même quand elle a choisi, quelque chose lui a constamment échappé. Le tatouage mamelon est alors une façon de reprendre pied, de décider à nouveau de quelque chose sur ce corps qui a tant été décidé sans elle.
« Le tatouage constitue une métamorphose heureuse, une façon de faire peau neuve. » — David Le Breton, sociologue
Tatouage mamelon reconstruction, les limites que personne ne dit
J'ai pratiqué le tatouage 3D des mamelons. J'y ai cru. Et je comprends pourquoi cela aide.
Mais j'ai aussi vu quelque chose que je ne peux pas ne pas nommer. Dans le tatouage mamelon, aussi beau soit-il, c'est encore quelqu'un d'autre qui décide, quelqu'un d'autre qui tient l'aiguille, quelqu'un d'autre qui crée ce qui va désormais être là, sur ce corps. C'est un acte fait sur soi, pas par soi.
Et puis il y a l'inconfort. La peau est souvent insensibilisée après la mastectomie, mais pas toujours, pas partout. Et dans tous les cas c'est une aiguille, c'est une séance, c'est encore une fois revenir là où on ne veut plus aller. À ce stade du parcours, les femmes veulent lâcher, pas retourner.
« C'est un acte fait sur soi, pas par soi. »
Réappropriation du corps après mastectomie, le cran d'après
Quand j'ai découvert le moulage en silicone médical, j'ai compris que le raisonnement du tatouage mamelon pouvait être poussé jusqu'àu bout avec la même logique. Si l'enjeu c'est la réappropriation, alors la forme la plus complète de cela, c'est de remettre entre les mains de la femme l'empreinte exacte de son propre corps. Pas une version améliorée. Pas une version artistique. Son mamelon. Ses aréoles. Ce qui était là, conservé avant que cela parte.
Faite par elle. Avant l'opération. Chez elle. Parce que là, il ne s'agit plus d'un acte posé sur elle par quelqu'un d'autre, même bienveillant. Il s'agit d'un geste qu'elle fait pour elle-même, en amont, comme une promesse qu'elle se fait à elle-même.
J'ai vu des femmes, au moment où on replace ce qui manquait, traverser quelque chose que je ne saurais pas décrire autrement que revenir à soi. Pas à l'avant, pas à ce qu'elles étaient, mais à quelque chose d'essentiel, d'intime, qui leur appartient encore.
Le tatouage mamelon a raison sur le fond, la réappropriation du corps est bien un acte de guérison. Ce que je propose, c'est juste d'aller chercher cela encore plus tôt, encore plus profondément, et de le remettre entièrement entre ses mains à elle.
FAQ · Tatouage mamelon cancer du sein
Les questions que vous vous posez
Le tatouage mamelon fait-il mal après une mastectomie ?
La sensibilité varie beaucoup d'une femme à l'autre et d'une zone à l'autre. La peau est souvent insensibilisée après la mastectomie, ce qui rend l'acte plus supportable mais ce n'est pas systématique, certaines zones restent sensibles, et l'inconfort lié à l'aiguille, au contexte, au fait de retourner dans un soin sur 2 ou 3 rendez-vous, est réel pour beaucoup de femmes en fin de parcours. C'est pour cela que j'ai choisi l'utilisation des mamelons avec leur aréole en silicone qui sont durables, confortables et surtout ultra-réalistes.
Le résultat d'un tatouage mamelon 3D est-il vraiment réaliste ?
Entre les mains d'un praticien spécialisé, les résultats peuvent être très convaincants visuellement, notamment grâce aux jeux d'ombres et de nuances adaptées à chaque carnation. Le rendu reste cependant un trompe-l'œil en deux dimensions, il n'y a ni relief, ni sensation au toucher. Pour le même prix les mamelons en silicone sont extrêmement fidèles dans les détails et même au touché nous avons su reproduire la douceur et le rebondi de la peau.
Existe-t-il une alternative au tatouage mamelon après mastectomie ?
Oui. La reconstruction chirurgicale du mamelon est une option, ainsi que les prothèses adhésives en silicone, portables et retirables. Et il y a ce que je développe, une prothèse moulée à partir de l'empreinte du propre corps de la femme, faite par elle, chez elle, avant l'opération. Pas un mamelon générique, pas un trompe-l'œil, son mamelon, avec le relief et le toucher que le tatouage ne peut pas restituer.
Peut-on faire l'empreinte de son mamelon soi-même, à la maison, avant la mastectomie ?
C'est exactement ce que je rends possible. Parce que les rares praticiens qui proposent cela ne sont pas accessibles à toutes géographiquement, et qu'il ne devrait pas falloir se déplacer pour bénéficier de quelque chose d'aussi fondamental. L'idée, un kit conçu pour que chaque femme puisse réaliser son empreinte chez elle avant l'opération et recevoir ensuite sa prothèse sur mesure. Pour que la promesse de se retrouver ne dépende pas d'un code postal.